Portail éditorial indépendant · prix des terrains, PLU, CCMI · mis à jour août 2026
Terrains&Maisons terrainsmaisons.fr Trouver un terrain

Plus-value sur un terrain constructible : l’imposition

Publié le 3 décembre 2012 · mis à jour le 21 août 2026
L’essentiel

La vente d’un terrain à bâtir par un particulier relève du régime des plus-values immobilières : 19 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value nette, soit 36,2 % avant abattements. La durée de détention réduit l’assiette et l’exonération est totale après 22 ans pour l’IR et 30 ans pour les prélèvements sociaux. Certaines communes ajoutent une taxe forfaitaire (article 1529 du CGI) sur les terrains devenus constructibles. Le notaire calcule, retient et reverse l’impôt à la vente.

Le régime des plus-values immobilières appliqué aux terrains

Un terrain à bâtir vendu par un particulier relève du régime général des plus-values immobilières des particuliers, codifié aux articles 150 U à 150 VH du Code général des impôts (CGI). C’est le même régime que celui applicable à la vente d’une résidence secondaire ou d’un bien locatif : la résidence principale reste exonérée, mais elle ne concerne pas un terrain nu détaché.

L’imposition combine deux prélèvements sur la plus-value nette :

  • 19 % au titre de l’impôt sur le revenu (IR), forfaitaire.
  • 17,2 % au titre des prélèvements sociaux (PS) : CSG, CRDS, prélèvement de solidarité.

Soit 36,2 % au total avant abattements. À cela peut s’ajouter, pour les grosses plus-values, une taxe supplémentaire progressive de 2 à 6 % au-delà de 50 000 € de plus-value nette imposable.

Comment calculer la plus-value sur un terrain constructible ?

La plus-value brute est la différence entre :

  • Le prix de vente, minoré des frais supportés par le vendeur (diagnostics obligatoires, honoraires d’agence à la charge du vendeur…).
  • Le prix d’acquisition, majoré des frais d’acquisition réels (frais de notaire, droits d’enregistrement) ou d’un forfait de 7,5 % à défaut de justificatifs, majoré aussi de certaines dépenses de terrassement, viabilisation ou aménagement justifiées.

Sur la plus-value brute s’appliquent ensuite les abattements pour durée de détention, différents pour l’IR et pour les PS. Le résultat après abattements donne l’assiette imposable, à laquelle on applique le taux de 19 % (IR) et 17,2 % (PS).

Les abattements pour durée de détention

ABATTEMENTS PAR DURÉE DE DÉTENTION DURÉE IMPÔT SUR LE REVENU (19 %) PRÉLÈVEMENTS SOCIAUX (17,2 %) Moins de 6 ans0 %0 % De 6 à 21 ans6 % par an1,65 % par an 22e année4 % (exonération totale)1,60 % De 23 à 30 ans— (exonéré)9 % par an Après 30 ans— (exonéré)— (exonéré) Exonération IR au bout de 22 ans, PS au bout de 30 ans. Le calcul se fait par années pleines de détention.
Barème d’abattement en vigueur en 2026. La durée de détention se calcule de date à date, en années pleines de possession. Un terrain acquis le 15 juin 2000 et vendu le 20 septembre 2026 est détenu depuis 26 années pleines.

Concrètement, plus vous détenez le terrain longtemps, plus la plus-value imposable diminue :

  • Avant 6 ans de détention : aucun abattement, la plus-value est pleinement imposée.
  • Entre 6 et 21 ans : la base IR baisse de 6 % par an, la base PS de 1,65 % par an.
  • 22e année : la base IR baisse de 4 % supplémentaires, ce qui achève l’exonération totale d’impôt sur le revenu.
  • Entre 23 et 30 ans : la base PS continue de baisser de 9 % par an.
  • Après 30 ans : exonération totale, IR et PS confondus.

Quel délai pour ne pas payer de plus-value ?

La réponse la plus simple : 22 ans de détention pour l’exonération d’impôt sur le revenu, 30 ans pour l’exonération complète (IR + PS). En pratique, entre 22 et 30 ans, il reste à payer les seuls prélèvements sociaux sur une assiette progressivement réduite : la note est très allégée mais non nulle.

Un terrain familial détenu depuis plus de 30 ans se vend donc sans imposition au titre des plus-values des particuliers, quels que soient le prix de vente et l’ampleur de la plus-value. Le notaire vérifie la durée sur le titre de propriété et calcule automatiquement.

Comment faire pour éviter la plus-value sur la vente d’un terrain ?

Sept cas d’exonération légale peuvent s’appliquer selon la situation :

  1. Durée de détention supérieure à 30 ans (exonération totale IR + PS).
  2. Petites cessions : les ventes dont le prix n’excède pas 15 000 € sont exonérées, par vendeur et par bien.
  3. Résidents en EHPAD ou en établissements sociaux (sous conditions de ressources et dans les deux ans suivant l’entrée en établissement).
  4. Titulaires de pensions de vieillesse ou d’invalidité aux revenus modestes (sous plafonds).
  5. Non-résidents fiscaux français qui vendent leur ancienne résidence principale en France, sous conditions.
  6. Cession à un organisme de logement social : exonération conditionnée à un engagement de construction de logements sociaux.
  7. Cession en vue d’une expropriation, si le prix est remployé dans les 12 mois dans l’acquisition, la construction ou l’agrandissement d’un bien immobilier.

Attention à une idée reçue : l’exonération de la résidence principale ne s’étend pas à un terrain nu détaché, même vendu conjointement à la maison, au-delà de la notion étroite de dépendance immédiate et nécessaire.

TAG-PV-SVG2 — 7 CAS D’EXONÉRATION LÉGALE 1 Durée > 30 ans (exonération totale IR + PS) 2 Prix de vente ≤ 15 000 € 3 Résidents en EHPAD (sous conditions) 4 Titulaires de pensions modestes (sous plafonds) 5 Non-résidents (anciens propriétaires, conditions) 6 Cession à un bailleur social (engagement) 7 Expropriation avec remploi 12 mois → à vérifier avec le notaire Il vérifie l’éligibilité à chaque vente Ne se cumulent pas : une cession éligible à plusieurs cas ne bénéficie que d’une exonération.
Les 7 cas d’exonération légale prévus par le CGI. La résidence principale reste exonérée, mais elle ne concerne pas un terrain nu détaché, même vendu conjointement à la maison.

Existe-t-il un abattement exceptionnel ?

Le législateur instaure périodiquement des abattements exceptionnels temporaires sur la vente de terrains à bâtir pour libérer du foncier dans les zones tendues. Ces dispositifs, votés dans les lois de finances, s’appliquent sous conditions strictes (localisation en zone tendue, engagement de construction de logements dans un délai limité, promesse signée dans une période donnée). Ils peuvent atteindre 70 à 85 % d’abattement sur la plus-value nette, sous certaines conditions cumulatives. Vérifiez auprès du notaire les dispositifs en vigueur au moment de votre vente : ils bougent d’une année à l’autre.

Taxe forfaitaire communale sur la vente des terrains devenus constructibles

Indépendamment du régime de plus-value, les communes peuvent instituer une taxe forfaitaire sur la première vente d’un terrain devenu constructible après un classement du PLU (article 1529 du CGI). Elle vise à récupérer une partie de la valorisation créée par la décision d’urbanisme.

Le taux est de 10 % appliqué sur les 2/3 du prix de cession (soit environ 6,67 % du prix de vente). Elle ne s’applique qu’aux terrains rendus constructibles après le 13 janvier 2010, et seulement dans les communes qui l’ont instituée par délibération du conseil municipal.

Taxe nationale sur les cessions de terrains rendus constructibles

Une taxe nationale progressive s’applique par ailleurs sur les cessions de terrains rendus constructibles depuis 2010 (article 1605 nonies du CGI). Elle est due par le vendeur particulier lorsque la valorisation résultant du classement en zone constructible dépasse un seuil, et suit un barème progressif de 5 à 10 % appliqué sur la plus-value réalisée. Elle se cumule le cas échéant avec la taxe communale.

Ces deux taxes réduisent le prix net vendeur et méritent d’être chiffrées avec le notaire avant la signature du compromis.

Plus-value sur un terrain reçu en héritage

Question fréquente : oui, la plus-value s’applique aussi aux terrains reçus par succession, mais avec deux particularités favorables :

  • Le prix d’acquisition retenu est la valeur déclarée dans l’acte de succession, non pas un prix payé (puisque vous n’avez rien payé). Cette valeur est fixée par le notaire au décès du défunt.
  • Les droits de succession acquittés sur le terrain viennent majorer ce prix de référence, ce qui réduit d’autant la plus-value imposable.

La durée de détention se calcule depuis la date d’acquisition par le défunt (transmission continue) ou depuis le décès selon les cas. Le notaire de la succession applique la règle appropriée.

Plus-value sur un terrain constructible reçu par donation

Comme pour la succession, la valeur retenue au titre du prix d’acquisition est celle déclarée dans l’acte de donation. Les droits de donation payés par le donataire majorent ce prix. La durée de détention se calcule depuis la date de la donation.

Où trouver un simulateur ?

Trois ressources officielles ou fiables pour simuler votre plus-value :

  • Le simulateur officiel sur impots.gouv.fr : gratuit, à jour de la législation, il donne le montant d’impôt dû et le net vendeur estimé.
  • Les notaires disposent de simulateurs professionnels intégrés à leur logiciel de rédaction d’acte : demandez une estimation avant le compromis.
  • Les calculatrices en ligne des sites d’information immobilière (Notaires de France, ANIL) : utiles pour un premier ordre de grandeur, à valider auprès d’un professionnel avant la signature.

Côté acheteur : ce que cette fiscalité change

Un vendeur fortement taxé cherche à préserver son net : connaître le régime aide à comprendre sa position de négociation. Un terrain détenu depuis plus de 30 ans se négocie plus librement qu’un terrain récemment devenu constructible, grevé de taxes forfaitaire et nationale. Les repères de valeur restent ceux détaillés dans notre article sur le prix d’un terrain constructible, et les vérifications d’achat celles du hub terrains à vendre et terrains à bâtir.

Aller plus loin

La plus-value côté vendeur s’articule avec les autres démarches de vente : voir le hub terrains de particuliers pour la procédure complète et les 8 vérifications avant compromis. Pour connaître la valeur réelle du marché avant de fixer un prix, la méthode DVF est décrite dans notre article prix d’un terrain constructible. Pour un projet régional, notre dossier Île-de-France, le focus Hauts-de-Seine et la page Lorraine illustrent les contextes locaux.

Questions fréquentes

Comment calculer la plus-value sur un terrain constructible ?

Prix de vente moins prix d’acquisition majoré (frais réels ou forfait 7,5 %), puis application des abattements pour durée de détention (différents pour IR et PS), enfin application des taux 19 % (IR) + 17,2 % (PS) sur l’assiette résiduelle. Le notaire réalise le calcul et retient l’impôt à la vente.

Quel délai pour ne pas payer de plus-value sur un terrain ?

22 ans de détention pour l’exonération d’impôt sur le revenu, 30 ans pour les prélèvements sociaux. La durée se compte de date d’acquisition à date de cession. Entre 22 et 30 ans, seuls les prélèvements sociaux restent dus sur une assiette réduite.

Comment éviter de payer la plus-value sur la vente d’un terrain ?

Sept cas d’exonération existent : durée supérieure à 30 ans, prix inférieur à 15 000 €, résidents en EHPAD, titulaires de pensions modestes, non-résidents dans certains cas, cession à un organisme de logement social, cession en vue d’expropriation avec remploi. Vérifiez toujours auprès du notaire.

Y a-t-il une plus-value sur un terrain reçu en héritage ?

Oui, mais avec deux particularités favorables : le prix d’acquisition retenu est la valeur déclarée dans l’acte de succession, majorée des droits de succession acquittés. La durée de détention se calcule selon les cas depuis la date d’acquisition par le défunt ou depuis le décès.

Quel est l’abattement exceptionnel sur la vente d’un terrain à bâtir ?

Le législateur instaure périodiquement des abattements exceptionnels temporaires pour libérer du foncier en zone tendue, pouvant atteindre 70 à 85 % sous conditions strictes (localisation, engagement de construction, période de signature). Vérifiez les dispositifs en vigueur auprès du notaire au moment de votre vente.

Quelle est la taxe sur les terrains devenus constructibles ?

Deux taxes possibles s’ajoutent à la plus-value : la taxe communale forfaitaire de l’article 1529 du CGI (10 % sur les 2/3 du prix de cession, dans les communes qui l’ont instituée), et la taxe nationale progressive de l’article 1605 nonies du CGI (barème de 5 à 10 % sur la plus-value réalisée). Elles concernent les terrains rendus constructibles depuis 2010.

Un terrain non constructible est-il soumis à la plus-value ?

Oui, il relève du même régime des plus-values immobilières, mais échappe aux taxes spécifiques des terrains devenus constructibles. Son prix, bien plus faible, limite mécaniquement la plus-value imposable.

AV
Antoine Vasseur Rédacteur du dossier

Antoine se concentre sur l'urbanisme, le PLU et les questions foncières. Il lit les documents cadastraux, les certificats d'urbanisme et les études géotechniques comme d'autres lisent un roman — et traduit ces pièces techniques en repères concrets pour ceux qui cherchent un terrain.

▸ Voir les 7 articles signés Antoine Vasseur