Le prêt à taux zéro (PTZ) est une aide de l’État qui permet aux primo-accédants de financer une partie de leur résidence principale sans payer d’intérêts sur la part prêtée. Depuis avril 2025, il est de nouveau ouvert à la construction de maisons individuelles neuves sur l’ensemble du territoire (zones A, A bis, B1, B2 et C), et le dispositif est prolongé jusqu’à fin 2027. Le montant dépend des ressources du ménage, de la zone géographique et du coût de l’opération, avec des quotités qui vont de 10 à 50 % selon la tranche de revenus.
Qu’est-ce que le PTZ ?
Le prêt à taux zéro (PTZ) est une aide de l’État sous forme de prêt sans intérêt, destiné à faciliter l’accession à la propriété des ménages qui achètent leur première résidence principale. Créé en 1995, le PTZ a été plusieurs fois réformé au fil des lois de finances, avec des critères qui bougent presque chaque année. Il se caractérise par :
- Aucun intérêt ni frais de dossier sur la part prêtée en PTZ.
- Un différé de remboursement de plusieurs années pour les ménages modestes.
- Un plafond de ressources à ne pas dépasser pour être éligible.
- Une condition de primo-accession : ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale au cours des deux dernières années.
Le PTZ ne finance jamais la totalité du projet : il complète un prêt principal et votre apport personnel. Il représente en pratique 10 à 50 % du coût total selon la tranche de revenus.
Ce qui change en 2026 : la réforme d’avril 2025
Le point marquant à connaître : depuis le 1er avril 2025, le PTZ a été profondément réformé, avec deux évolutions majeures pour la construction neuve :
- Ouverture à la maison individuelle neuve sur tout le territoire : alors que le PTZ avait été recentré sur le collectif en zone tendue les années précédentes, il redevient éligible partout en France, zones détendues comprises (B2 et C incluses). C’est une bonne nouvelle pour tous les projets ruraux et péri-urbains.
- Prolongation jusqu’au 31 décembre 2027 : le dispositif est stable pour au moins trois exercices budgétaires, ce qui donne de la visibilité aux projets en cours ou en préparation.
Le dispositif s’applique aux offres de prêt émises depuis le 1er avril 2025 et à leurs conditions en vigueur en 2026. Vérifiez auprès de votre banque ou du simulateur de l’ANIL les paramètres exacts au moment de votre offre.
Qui a droit au PTZ 2026 ?
Trois conditions cumulatives :
- Être primo-accédant : ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale au cours des deux années précédant l’offre de prêt. Trois exceptions à cette règle : bénéficiaire d’une carte d’invalidité (2e ou 3e catégorie), titulaire de l’allocation aux adultes handicapés ou d’invalidité, victime d’une catastrophe rendant le logement inhabitable.
- Sous plafonds de ressources : le revenu fiscal de référence du ménage (année N-2) ne doit pas dépasser un plafond qui dépend de la zone géographique et de la taille du ménage. Ces plafonds sont détaillés plus bas.
- Pour la résidence principale : la maison ou l’appartement doit devenir votre logement principal dans le délai réglementaire après l’achèvement (généralement 1 an), et vous devez y résider au moins 8 mois par an pendant toute la durée de remboursement du PTZ.
Plafonds de ressources par zone et taille du ménage
Les plafonds de ressources sont exprimés en revenu fiscal de référence de l’année N-2 (pour une offre en 2026, on regarde les revenus 2024). Le PTZ 2026 comporte 4 tranches (T1, T2, T3, T4), la tranche 1 étant la plus modeste. Les plafonds indicatifs :
| Ménage | Zone A / A bis | Zone B1 | Zone B2 / C |
|---|---|---|---|
| 1 personne | ≈ 49 000 € | ≈ 34 500 € | ≈ 31 500 € |
| 2 personnes | ≈ 73 500 € | ≈ 51 750 € | ≈ 47 250 € |
| 3 personnes | ≈ 88 200 € | ≈ 62 100 € | ≈ 56 700 € |
| 4 personnes | ≈ 102 900 € | ≈ 72 450 € | ≈ 66 150 € |
| 5 personnes et plus | ≈ 117 600 € | ≈ 82 800 € | ≈ 75 600 € |
Chiffres indicatifs 2026. À vérifier auprès du simulateur ANIL ou de votre banque pour le montant précis applicable à votre situation.
Quel montant de PTZ pour votre projet ?
Le montant du PTZ se calcule en trois temps :
- Coût de l’opération retenu : prix du terrain + coût de la construction + frais annexes, plafonné selon la zone et la taille du ménage.
- Quotité applicable : pourcentage du coût retenu, qui dépend de votre tranche de revenus (T1 à T4).
- Résultat : coût retenu × quotité = montant du PTZ.
Concrètement, pour une maison neuve à 250 000 € achetée par un ménage tranche 1 en zone B1 :
- Coût retenu plafonné selon la zone (souvent autour de 200 000 à 240 000 € pour ce cas).
- Quotité 50 % → PTZ ≈ 100 000 à 120 000 €.
- Différé possible de 10 ans (vous ne remboursez rien pendant 10 ans, puis vous remboursez sur 10 à 15 ans).
Pour le même ménage en tranche 4, la quotité tombe à 10 % → PTZ ≈ 20 000 à 24 000 €, sans différé. Le simulateur ANIL calcule votre cas précis en une minute.
Zones A, A bis, B1, B2, C : où est-on éligible ?
Le territoire français est découpé en 5 zones d’urbanisme selon la tension du marché immobilier local :
- Zone A bis : Paris et communes limitrophes (les plus tendues).
- Zone A : agglomération parisienne, Côte d’Azur, Genevois français, grandes métropoles régionales tendues.
- Zone B1 : agglomérations de plus de 250 000 habitants, DOM, quelques villes moyennes tendues.
- Zone B2 : agglomérations de plus de 50 000 habitants et communes littorales.
- Zone C : reste du territoire, généralement rural et péri-urbain détendu.
Depuis avril 2025, la maison individuelle neuve est éligible dans toutes les zones, y compris B2 et C. Auparavant, ces zones détendues étaient exclues du PTZ pour la maison individuelle : c’est le principal changement à connaître pour 2026.
Le PTZ pour la construction neuve : cas typique
Pour un projet de maison neuve en CCMI, le PTZ finance une part du coût global de l’opération (terrain + construction + frais annexes autorisés). Les étapes concrètes :
- Simulation préalable sur le simulateur ANIL ou auprès de votre banque, pour connaître votre éligibilité et le montant estimé.
- Montage du plan de financement complet : apport personnel + PTZ + prêt principal amortissable + éventuels prêts complémentaires (prêt Action Logement, prêts d’employeur). Voir notre article sur le prêt immobilier pour faire construire.
- Demande officielle auprès de la banque qui finance l’opération, avec les pièces du CCMI et du terrain.
- Inscription du PTZ en condition suspensive de votre CCMI : si le PTZ vous est refusé, le contrat tombe sans pénalité.
- Déblocage progressif parallèlement au prêt principal, au rythme des appels de fonds du chantier.
Le PTZ pour l’ancien avec travaux
Le PTZ ne finance pas seulement le neuf. Il est aussi ouvert :
- À l’achat d’un logement ancien avec travaux de rénovation énergétique représentant au moins 25 % du coût total (soit isolation, chauffage, ventilation).
- À la vente HLM à ses locataires.
- À l’accession dans le bail réel solidaire (BRS).
Pour l’ancien avec travaux, le PTZ est ouvert dans toutes les zones. Le calcul des ressources et des quotités suit la même logique que pour le neuf, avec un plafond de coût retenu adapté au type d’opération.
Le différé de remboursement : la vraie force du PTZ modeste
Pour les tranches modestes (T1 et T2), le PTZ prévoit un différé de remboursement de plusieurs années pendant lesquelles vous ne payez rien sur le PTZ. Concrètement :
- Tranche 1 : différé de 10 ans, puis remboursement sur 10 à 15 ans.
- Tranche 2 : différé de 8 ans, puis remboursement sur 10 à 12 ans.
- Tranche 3 : différé de 2 ans, puis remboursement sur 12 à 15 ans.
- Tranche 4 : pas de différé, remboursement en 15 ans max.
Le différé est l’outil clé qui permet à un ménage modeste de porter à la fois le prêt principal et le PTZ : pendant les 10 premières années, seul le prêt principal s’amortit ; le PTZ ne pèse pas sur les mensualités. C’est ce qui rend le dispositif réellement accessible.
Cumul avec d’autres aides
Le PTZ se cumule avec la plupart des autres dispositifs d’accession :
- Le prêt d’accession sociale (PAS) comme prêt principal, réservé aux ménages modestes.
- Le prêt conventionné pour les ménages ne rentrant pas dans les critères du PAS.
- Les prêts d’employeur (Action Logement) pour les salariés du secteur privé de plus de 10 salariés.
- Les aides locales (départements, régions, communes) : primes primo-accédants, prêts complémentaires municipaux, exonérations de taxe foncière temporaires.
L’ANIL de votre département fait gratuitement le tour des cumuls possibles pour votre situation.
Quels sont les inconvénients du PTZ ?
- Plafonds de ressources : si vous êtes juste au-dessus, vous perdez toute éligibilité. La marge se joue à quelques centaines d’euros de revenu fiscal.
- Complexité du montage : le PTZ ajoute un dossier de plus, à monter en parallèle du prêt principal. Comptez quelques semaines supplémentaires.
- Obligation d’occupation : vous devez habiter le logement comme résidence principale au moins 8 mois par an pendant toute la durée du PTZ. Une revente rapide entraîne le remboursement anticipé.
- Bail interdit pendant la période d’aide : vous ne pouvez pas louer votre maison PTZ en résidence principale pendant les premières années (sauf mutation professionnelle ou situation familiale spécifique).
- Effet de seuil aux tranches : passer de tranche 1 à tranche 2 fait chuter la quotité et le différé, ce qui peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros d’aide en moins pour peu d’écart de revenus.
Simulateurs officiels
Trois ressources fiables pour simuler votre PTZ 2026 :
- Le simulateur ANIL (anil.org) : gratuit, à jour, il donne le montant théorique, la quotité et le différé applicables à votre situation en 5 minutes.
- Le simulateur service-public.fr pour une estimation simplifiée.
- Les simulateurs bancaires (crédit agricole, BNP, LCL…) qui intègrent le PTZ dans la simulation complète du plan de financement.
Toutes les banques ne proposent pas le PTZ : seules celles qui ont signé une convention avec l’État. La plupart des grandes banques françaises le distribuent, mais vérifiez auprès de votre banquier.
Que change le PTZ en 2026 par rapport à 2025 ?
Le PTZ 2026 reste globalement stable par rapport à sa version d’avril 2025. Les plafonds de ressources sont légèrement revalorisés chaque année (indexation). Le calendrier d’application court jusqu’au 31 décembre 2027, ce qui donne une prévisibilité rare pour un dispositif fiscal français.
Les points à surveiller pour 2026-2027 :
- Éventuelle revalorisation des plafonds de ressources en loi de finances 2026 pour tenir compte de l’inflation.
- Précisions techniques sur le PTZ ancien avec travaux (part minimale de rénovation énergétique).
- Interactions avec les autres dispositifs d’aide à l’accession éventuellement réformés.
Aller plus loin
Le PTZ s’inscrit dans le plan de financement complet d’un projet, à construire selon la méthode décrite dans le hub faire construire sa maison neuve. Le fonctionnement du prêt immobilier pour faire construire détaille la mécanique du crédit construction (intérêts intercalaires, différé). Le contrat qui déclenche le déblocage progressif : le CCMI. Et pour évaluer votre budget global : prix d’un terrain constructible.
Questions fréquentes
Quel montant PTZ en 2026 ?
Le montant dépend de votre tranche de revenus (T1 à T4), de la zone géographique et du coût de l’opération. Pour une maison neuve à 250 000 € en zone B1 pour un ménage tranche 1, comptez un PTZ de 100 000 à 120 000 €. Pour la tranche 4 sur le même projet, environ 20 000 à 24 000 €.
Qui a droit au PTZ 2026 ?
Les primo-accédants (n’ayant pas été propriétaires de leur résidence principale les 2 dernières années), sous plafonds de ressources qui dépendent de la zone géographique et de la taille du ménage, pour l’achat ou la construction de leur résidence principale.
Que change le PTZ en 2026 ?
Le PTZ 2026 reste stable par rapport à sa version d’avril 2025 : ouverture à la maison individuelle neuve sur tout le territoire, dispositif prolongé jusqu’à fin 2027, plafonds de ressources indexés. Le changement majeur date de 2025 avec la réouverture à la maison neuve en zones B2 et C.
Comment calculer le montant du PTZ pour 2026 ?
Coût de l’opération plafonné selon la zone × quotité applicable selon votre tranche de revenus (10 à 50 %). Le simulateur ANIL calcule votre cas précis gratuitement en quelques minutes.
Quel est le montant du PTZ pour un logement ancien en 2026 ?
Le PTZ ancien avec travaux (rénovation énergétique représentant au moins 25 % du coût total) suit la même logique que le neuf, avec les mêmes tranches et quotités. Il est ouvert dans toutes les zones.
Est-il possible d’acheter un logement neuf avec un PTZ ?
Oui, c’est même la vocation principale du PTZ 2026 depuis la réforme d’avril 2025. La maison individuelle neuve est éligible sur tout le territoire, y compris en zones rurales B2 et C.
Quels sont les inconvénients d’un prêt à taux zéro ?
Plafonds de ressources qui excluent les revenus intermédiaires, complexité du montage, obligation d’occuper le logement comme résidence principale au moins 8 mois par an pendant toute la durée du PTZ, interdiction de louer pendant les premières années, effets de seuil aux tranches de revenus.